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C'est quoi tous ces accronymes (HACCP, GFSI,....) et quels sont les requis au Québec?

C'est quoi tous ces accronymes (HACCP, GFSI,....) et quels sont les requis au Québec?
Bon! je fais la montée de lait pour certains d'entre vous, car effectivement le monde réglementé de l'industrie alimentaire est plein d’acronymes et on ne sait plus où donner de la tête et qu'est-ce qu'il faut faire et comment bien faire.
Alors, je me lance dans ce billet, le plus simplement possible, pour vous débroussailler ce monde.
Je tiens d'abord à revenir vers l'essentiel pour s'y référer en tout temps, à chaque fois, et pour tout questionnement:

Une compagnie alimentaire, non seulement elle doit gagner de l'argent pour survivre ou pour croître, mais il faut qu'elle livre un produit qui plait au consommateur ciblé et qui est sans danger pour lui (ne nuira pas à sa santé). En une seule phrase, il faut arrimer profit, qualité et salubrité.

C'est possible d'y arriver! mais comment faire?


Pour une start-up alimentaire qui vient de se lancer au Québec avec peu de moyens pourra agrandir sa clientèle vers l'international en cheminant (par phases) vers l'application d'un système de gestion de la qualité/salubrité reconnu internationalement. Je mentionne ''par phases'', car il est bien important de se rappeler que le profit prévu doit être conséquent. Un système ne peut jamais être implanté sans investissement d'argent, de temps et de ressources, n'est-ce pas?

Phase 1: Se conformer à la MAPAQ

Vu que la compagnie est établie au Québec, la base de tout est de répondre aux exigences réglementaires québécoises.


La MAPAQ (Ministère de l'agriculture, des pêches au Québec) en est le garant. ''La mission du MAPAQ est de veiller à la protection de la santé publique en s’assurant que les lois et règlements en matière d’hygiène et de salubrité soient respectés.'' Ce ministère a des lois bien établies qu'il faut connaître. Selon le produit (avec ou sans viande), la quantité à produire, le permis à se procurer est différent. Je voulais développer un outil simple et pratique, mais j'ai trouvé que La Table de Concertation agroalimentaire des laurentides (TCAL) a déjà développé cela. Comme je ne suis pas fan de recréer la roue, je vous réfère à leur boîte à outils pour mieux cerner vos besoins de départ en termes de Permis.


En ce qui concerne la réglementation assujettie, LOI SUR LES PRODUITS ALIMENTAIRESil y a un minimum à respecter:

  • compléter la formation d'hygiène et salubrité (3.3)
  • avoir un système de traçabilité afin d'être en mesure d'effectuer un rappel s'il y a lieu (3.4): ''se doter d’un système de traçabilité conforme aux exigences prescrites par règlement''
  • assurer la salubrité des aliments à toutes les phases (de la réception des ingrédients à l'expédition du produit final) (3.2)

Ici, avec la MAPAQ, ce n'est pas obligatoire d'avoir HACCP. Mais, c'est quoi HACCP déjà? 

 HACCP

= Hazard Analysis and Critical Control Point

= Analyse des dangers et des points de contrôles critiques

''Qu'est-ce que ça mange en hiver?'' ''Ça à l'air trop compliqué et inutile?'' ''De quels dangers? je prépare mes produits avec soins!''

HACCP est un système logique qui a vu le jour ( en1960! ) suite à une volonté de la NASA d'avoir des aliments salubres au bord de la navette spatiale. Assez légitime vu que les astronautes n'ont pas le choix d'aller dans un supermarché ou dépanneur dans l'espace pour se ravitailler si leur stock est avarié.

Ce système permet de prioriser et de mettre les ressources et les contôles aux bonnes places selon le risque de contamination ou de dangers possibles. Il peut sembler lourd au début (lorsqu'on ne s'y connait pas), mais il permet aux dirigeants de focuser sur les choses importantes.

Selon moi, même si la MAPAQ n'oblige pas les compagnies québécoises à avoir le HACCP, ce n'est pas une raison de ne pas implanter ce système.

HACCP = Focus = Priorisation $ = Salubrité alimentaire = Rigueur = nouveaux marchés 

 

Phase 2: se conformer à l'ACIA

L'ACIA (Agence Canadienne d'Inspection des Aliments ) est l'agence gouvernementale qui veille à la santé et au bien-être des Canadiens, à l'environnement et à l'économie en préservant la salubrité des aliments, la santé des animaux et la protection des végétaux. En gros, l'ACIA s'assure que les produits, de la ferme à l'assiette, sont sûrs pour la population.

Vous avez certainement eu à les connaître si:

  • vous exportez hors du pays ou que vous importer
  • vous êtes dans les secteurs agréés au fédéral (la viande, le poisson, les produits laitiers, les œufs, les fruits et légumes transformés, le miel et les produits de l'érable)

Mais, alors, pourquoi cela vous concerne quand même si vous ne produisez qu'une galette de burger vegan, ou une barre tendre par exemple?

Tout simplement parce que l'ACIA a modernisé l'inspection à travers une réforme à sa réglementation pour l'inspection des aliments. Celle-ci ne tarderait pas à rentrer en vigueur les 2 prochaines années qui suivent.

Les entreprises québécoises qui ne voyaient pas la nécessité d'avoir un système HACCP ou l'un des systèmes de gestion de la sécurité alimentaire reconnus par le GFSI (Global Food Safety Initiative) vont être obligées à se conformer et d'augmenter leurs standards. Il n'est plus question seulement de se conformer selon les requis du client, mais aussi selon les exigences de l'ACIA. 

 

Phase 3: se conformer GFSI

GFSI (Global Food Safety Initiative) est un organisme privé avec l'initiative, à l'échelle mondiale, de l'amélioration continue des systèmes de gestion de la sécurité alimentaire afin d'assurer la confiance dans la livraison des denrées alimentaires saines aux consommateurs du monde entier.

En somme:

  • ce n'est pas une obligation que d'aller avec l'une ou l'autre norme du GFSI, tels que SQF, BRC,...
  • l'adhésion à ces normes englobe aussi l'adhésion à la saine gestion, la gestion des risques et la prévention
  • certains clients le requièrent
  • ce n'est pas un requis gouvernemental, quoi que la réforme de l'ACIA se rapproche des requis du GFSI
  • y adhérer donne un avantage concurrentiel et l'ouverture à une nouvelle clientèle et sans aucune limite géographique.

Mon conseil pour l'entreprise québécoise:

  • S'auto-valider la vision de votre entreprise
    • si vous n'allez vendre qu'au Québec: tant que la MAPAQ ne change pas ses lois et réglements, vous n'avez pas d'urgence à part celle que vous vous imposerez si cela vous tient à coeur de bien faire les choses la première fois.
    • si vous allez vendre ailleurs au Canada et au reste du monde: allez-y par phases selon la composition de votre équipe, l'argent disponible,.. etc. Je suggère souvent (sauf certains cas) d'y aller avec le système HACCP en premier et ce, seulement dans le but d'habituer l'équipe/l'usine à une nouvelle façon de travailler et ensuite, de rajouter cette couche de saines pratiques de gestion.

J'espère que cela vous éclaire un peu plus sur le sujet. Écrivez-moi vos commentaires, questionnements, vécus,...

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